L’aventure de mon Transrockies

Du sommet du Mont-Tremblant,
fin novembre 2007.
Il était une
fois……
Pourquoi
vous raconter l’histoire de mon Transrockies?
Parce ce que le Transrockies
et sa longue préparation depuis ma rencontre avec Christiane a été
l’expérience la plus
complète et la plus enrichissante de
ma vie. J’ai cette impression d’avoir
boucler
un grand cycle de vie, d’avoir
additionné de multiples expériences de vies pour en faire
briller une
toute nouvelle, Christiane et le Transrockies , comme le carrefour des ingrédients
de mon passé s’unifiant pour me faire
vivre un grand, long et intense chapitre
de vie
imbibé d’émotions heureuses…le 7
octobre 2007, le bonheur a frappé à ma porte, c’est
le moins que je puisse dire. Alors je
le partage avec vous, ceux et celles qui veulent bien
lire mon récit et voyager avec moi à
travers ce rêve qui est devenu réalité par la force
du destin, de l’amour et d’une
méchante dose de volonté……ou overdose???

Le
Raid Amical des Laurentides 2007
Guy, Christiane, George, Martin, moi, Martin , Alain, Simon, Fanny, Patrick, Terry.
En octobre 2007, j’organisais pour la première
fois de ma vie un évènement qui me ressemble,
j’organisais mon premier party avec
invitation et tout le tralala : une sortie de vélo de montagne
de plus de
«raideuse» aguerrie se joint au
groupe à la dernière minute…Christiane Bouchard qui est là
presque par miracle……le destin venait
de frapper. Franchement, elle m’a plu du
premier coup.
On a jasé un
peu tout en roulant, et puis elle s’est mis à dire qu’elle cherchait un
équipier pour
faire le Transrockies,
que c’était pas facile à trouver etc…elle venait de
lancer sa ligne……
…..et ne
savait sûrement pas à quel point le gros brochet que je suis avait l’œil sur sa
Daredevle…
Les événements
ont déboulés …..vraiment. Trois semaines plus tard on s’inscrivait au
Transrockies et on était déjà plus
qu’une équipe…..méchant coup de foudre!!!!!!!!
Çà
dit tout…………..
On avait devant nous neuf mois de
préparation à entreprendre. Il va sans dire que
l’essentiel de l’entraînement fut
consacré à la longue distance puisque
qu’il s’agissait
de franchir 550km de sentier et
10,000m de dénivelé en 7 jours!!!!!!! Musculation,
ski alpin, ski de fond et bien sûr
l’essentiel rouleau d’entraînement furent au menu de
cet hiver
inoubliable .….….

Loppet du Mont-Tremblant (Y faisait frett….)
Du printemps jusqu’au début du mois
d’août, il nous fallait atteindre le
maximum de forme possible tout en
gardant le plus d’énergie en banque :
Ni un ni l’autre
n’avions déjà fait plus de trois jours de raid et on se demandait
bien comment on allait tenir durant
sept jours…..Donc le programme était
simple : Après plusieurs
semaines de millage intensif, quelques courses de
courte de distance pour donner la vitesse
et aiguiser les réflexes puis deux ou trois raids
pour se mettre à l’épreuve et
vérifier notre forme. Enfin la clé du succès, deux à trois
semaines de repos actif juste avant
l’épreuve afin de s’assurer d’être le plus reposé
possible sur la ligne de départ le
matin du 10 août à Panorama.
De multiples obstacles se sont présentés
à nous : Plusieurs blessures, et arrêts
d’entraînement pour toutes sortes de raisons hors de notre
volonté. Notre préparation
avait eu des ratées. Ceci a façonné par la force des choses une approche commune face
au défi que l’on s’était donné :
Ce sera comme nous sentirons que cela doit être au jour
le jour. Le plus important
, c’est d’apprécier tous les moments et de s’assurer de ne rien
regretter de notre Transrockies. Il faudra pousser assez pour être satisfait
du point de vue
compétitif mais aussi avoir le plus de plaisir possible, profiter du paysage
et bien sûr,
des gens.

Christiane ,
Coupe du Québec au Chanteclerc

La course de ma vie…..le Raid
Pierre Harvey 2008.
Début août, le grand jour approche. On
vérifie la liste des participants. Huit équipes
seulement dans notre catégorie :
les mixtes 80+…C’est rare les vieux qui courent en
couple et qui sont assez fous pour
s’embarquer la-dedans….….Des coureurs provenant
de 27 pays, on fera un tour du monde
sur place! Une dizaine de Québécois sont sur la
liste
et j’en
connais déjà huit…..c’est vraiment étrange....les probabilités
. Et une surprise :
Le dénivelé
total a augmenter à 18,000 mètres…….8000 de
plus!!!!!!!!!
Le
départ de Panorama le 10 août au matin
Stage1:
Panorama/Invermere : 52km, 2475m de dénivelé
C’est nous!
Ce matin, le beau temps est de la partie,
la fébrilité aussi…….. Et après une courte de
boucle de départ nous entamons la
montée de Panorama …11km et 1200m de grimpe
ininterrompue….1h38 pour le Duo
Gazelle !! On est tous très près les uns des autres …
Les roues se
frottent à l’occasion….On pousse pas trop …On connaît la musique!! Nous
demeurons toujours l’un près de
l’autre pour être prêts à s’entraider à tous moments.
Christiane n’a
aucun problème à maintenir son rythme jusqu’au sommet sauf pour un
passage escarpé ou je pousserai les
deux vélos pour 2-3min. profitant de ce moment pour
gagner une vingtaine de position dans
le rang…..je viens de trouver un truc qui marche!!
(merci à Daniel Thauvette…) La vue
est déjà à couper le souffle mais faut se concentrer
sur le parcours……Nous voilà sur le
top pour une vingtaine de Km, à
traverser des
zones d’avalanches de roches tantôt sous la grêle, sous la neige
et aussi quelques percées
de soleil……Tout un
baptême pour une première journée!!
Ma blonde négocie les descentes comme
que je pensais même pas qu’elle
pouvait le faire…..mais on prend pas de risque…..elle réussit quand même à se
planter juste assez pour nous rendre encore plus vigilants….on
veut revenir avec tous
nos morceaux!! La vue est toujours
magnifique et très variée….il y a une section avec
des pierres marbrées de blanc ……avec
la mousse vert pâle et les petites épinettes…..
C’est vraiment
exotique…..mais bon, faut qu’on avance!! On entame finalement une
longue
descente de chemin forestier vers l’arrivée , mais
voilà que ma belle blonde a pas
l’air a filer pantoutte……elle
a la nausée pis pu d’énergie……elle réussit quand même
à tenir bon,
puis à la toute fin, dans la descente finale, elle a tellement hâte
d’arriver que
je peine à la suivre et rase de me la
casser dans deux virages ….en perdant la
sensation de
mes roues…few…(je me suis fait mal au dos en transportant ma crisse de
boîte de bicycle!
chu comme un peu stiff…..)
.
Christiane passe enfin la ligne mais pas
le temps de célébrer…Elle va plutôt
se vider
l’estomac dans le champs …Elle est vraiment malade………Ce soir
,
pour elle, pas de souper!! Incapable
d’ingurgiter quoi que se soit elle ira se faire
nourrir à l’infirmerie : à
l’intraveineuse SVP!!.....J’étais déjà entrain de planifier une
journée de shopping pour le
lendemain…..Il était pas question d’hypothéquer la santé
de mon Team Leader pour une ou deux journées de course et encore moins
pour des
médailles. Nous voilà donc campés au K-2 Ranch à Invermere,
ma blonde est couchée,
elle ne sait même pas qu’elle a quand
même une première médaille à mettre sur son mur!!
On est
troisième malgré le dramatique ralentissement des derniers
Je me suis enlevé toute pression, j’ai
lâché prise, je suis prêt à faire du tourisme tout
le reste de la semaine si c’est çà qui doit nous
arriver….peut-être que c’est çà notre
Transrockies…une aventure qui nous
oblige à se libérer de nos attentes égoïstes…..se libérer
des ambitions de son petit
nombril …être libre de soi-même …gagner
…gagner sur
soi-même ….vraiment. Je ne regrette rien même si la course finit
là …sincèrement…
Çà doit être l’amour(??).
Stage 2 Invermere/Nipika Lake :74km, 3813m de dénivelé.
Croyez –le ou non, ma blonde se réveille
avec une humeur de tigresse : elle veut et va
prendre le
départ de cette deuxième étape , il y aucun doute!.Ché pas ce qui mettent dans
les intraveineuses mais…Bon……C’est la
plus grosse journée du TR. Près de 3800m de
dénivelé…74km à parcourir …….je peux
pas croire que la fille qui est avec moi est la
même qui était effondrée hier dans la
tente et complètement abattue! C’est un départ
rapide sur l’asphalte et on doit
tenir un tempo élevé pour demeurer dans le peloton de tête…
Puis viens une
longue montée à 6-7% pour 15km où j’en
profite pour pousser Christiane
d’une main autant que j’le peux afin
de lui faire sauver de l’énergie....et on sait qu’il faut
en économiser le plus possible ….la
semaine est encore très jeune…….Puis vient le
moment où l’on doit passer de l’autre
côté de la montagne, il faudra donc monter nos
vélos sur notre dos……Incroyable de
voir Christiane escalader ce mur interminable avec
un vélo qui pèse le quart de son
poids……c’est comme si je devais transporter un vélo de
40 lbs…..j’ose pas y penser ...Et en plus c’est
pas facile de la suivre! La file de cycliste
monte à perte de vue vers le sommet
et on n’aperçoit presque plus le point de départ quand
on entend des cris retentir du
sommet…..Après une confusion «stationnaire» de plusieurs
minutes on apprend que les premiers
ont pris la mauvaise direction et qu’on a grimpé nos
vélos 30min. de trop!!!!!!! Il faut
redescendre pour prendre la jonction qui est beaucoup
plus basse dans la montagne….un vrai
bordel!! Un super jampack se forme et çà prend
des dizaines de minutes avant qu’on
reprenne le rythme. Finalement on franchit le sommet,
mais
déception : on doit descendre la plus grande part de l’autre versant à pied ,de grandes
sections étant trop fraîches et
impraticables!!!!Sauf pour quelques-uns donc les Karumba,
Nathalie
Pronovost et J.R.Bouchard (Photo)qui descendent
allègrement comme si rien
n’était…. Le soir venu plusieurs étaient mécontents d’avoir
monté et «descendu» à pied…
…..çà l’a
chialé en masse!!!!!!
Ma blonde est pas suivable
quand elle descend la trail à pied……J’ai vraiment
l’air d’un
débutant…mais bon je la regarde faire
et j’apprends vite…….heureusement! C’est
dommage que la piste sois si
fraîchement faite, çà l’aurait été une
descente d’enfer
…….on traverse
des torrents de montagnes continuellement, et y a des drops qu’il faut
vraiment descendre à pied et au
ralenti…..y a vraiment de l’action ….Christiane est en
feu. Puis vient une section de boue
mouvante et profonde ou l’on aperçoit les vestiges de
chutes récentes…Mais y a rien de trop
beau pour mon Team leader …la voilà qui se
prend pour une barbotte et plonge
directement et sans hésitation dans une mare de boue
de
l’épais pouding brun marde……ce fut tout un spectacle ……Pas de temps à perdre,
elle
reprend la
descente avec plusieurs livres de boue accrochées à elle et son vélo!!. Nous
roulons allègrement vers Nipika Lake et prenons la deuxième place à 17sec des
premiers
… …….mais le
résultat de cette journée ne sera pas additionné au cumulatif à cause de
la confusion dans la montagne……çà va
encore chialer!!!!!!!
Stage 3 Nipika/Nipika :44km, 1514m de dénivelé

Un contre –la –montre au programme aujourd’hui : Super
idée!!!!!!!! On part les
troisièmes avant-dernier à 2h18
!!!!!!!!!!!!!!pas du tout une bonne idée…….on voulait
se reposer après la course
et maintenant on doit attendre et se préparer, gérer la bouffe
pis le stress jusqu’à notre départ et
en plus on va courir comme des poules pas de têtes
après pour réussir se doucher, manger, nettoyer
les vélos, aller à la présentation du
parcours et la remise des
médailles…..et ils commencent toujours par les vieux……
On s’embrasse comme toujours avant le
départ puis 5-4-3-2-1….GO!!!!!
les jambes me chauffent déjà……Début descendant dans un chemin
forestier assez
roulant ….il vente et j’en profite
pour «tirer» Christiane autant que je le peux…….Puis
vient la spécialité de ma
blonde : un très long singletrack
accidenté….là-dedans il faut
savoir pédaler «rond» et être très
fluide…..ici mon poignet blessé depuis le mois de mai
en a pour son argent …..çà brasse le carosse en tabarnac…….et puis le paradis se change
en enfer pour ma blonde…..on roule
sur la crête d’un précipice qui suit la rivière pour
des kilomètres qui n’en finissent
plus….Christiane est sur le gros nerf!!!!! Les hauteurs,
c’est pas sa tasse de thé….Mais elle
ne lâche pas et reste sur la selle autant qu’elle peut,
courant à côté du vélo dans les
passages extrêmes…..puis nous descendons vers le bas,
dans la gorge Kootenay
pour emprunter le pont qui traverse cette magnifique rivière
turquoise à couper le souffle….mais
malheur …..le parcours reprend le bord du
précipice dans le sens inverse.
Finalement, on quitte la gorge pour
reprendre la forêt…..Christiane est sur la grosse
plate…….elle tente de
reprendre le temps perdu…….nous voilà dans un coin qui semble
parfait pour une famille de Grizzly……on
a pas acheté de Bear spray……..il faut faire
du bruit………je me met à chanter à
tue-tête et puis je me dis que c’est tellement simple
de repousser des ours…….Ma blonde
m’a jamais dit si je chantais
bien…..faut croire
que
les ours pensent la même chose……
Cà devient de plus en plus roulant et les
derniers kilomètres approchent. Nous finissons
le parcours en
3h55…sauvant notre 3ème place
par 2 petites minutes!! Les Quads de mon
Team Leader
sont douloureux, mais franchement …j’ai crié ‘’YES! !!’’ quand
j’ai vu sur
le tableau des résultats que notre 3ème
place était sauvegardée. La soirée se passera comme
prévue…..on
court après le temps…Aujourd’hui , l’équipe qui était
première au jour 1 est
glissé
deuxième..La fille a impressionné Christiane…elle a un
physique imposant….
...L’apparence
physique, c’est de la frime…je me suis fait prendre souvent..…
Étape 4 :
Nipika/Whiteswan Lake:
110km, 2567m de dénivelé
Le délai entre la fin de la course et le coucher
était trop court…..on a les pulsations bien
trop haute pour s’endormir…..on
entamera donc cette 4eme journée avec 2 heures de
sommeil
seulement……j’ai déjeuné comme un ogre ( comme au
souper de la veille..).
Aujourd’hui je
pousse Christiane partout où il m’est possible de le faire : dans les
longues
montées, à la
fin des côtes plus abruptes, après les arrêts etc.. je la tire dans le vent et
pousse aussi les deux vélos dans les
montées les plus abruptes. Ainsi, à mi-course nous
croisons les KB Racing (30min.derrière nous au classement général) et j’entends une
voix
venant de derrière : You’re so inspiring!!
Avec le ton le plus gentil et théâtral du monde
……Kirk Buchman et sa douce moitié semble nous admirer….????Cà pas
été ben long
qu’on les avait à nos trousses ……ou
plutôt dans nos roues…..voilà même que le
généreux Kirk se met à pousser Christiane dans
une montée(???)…..c’est vraiment trop
gentil Kirk….Kirk est un ancien
semi-pro qui a pris la 5ème
place aux Championnats
mondiaux de Bromont…..ben plus fort que moi……et sa douce ( pas si douce que cà…)
court encore dans les
seniors1…..théoriquement et physiquement leur équation est gagnante
…..mais Kirk
me confit qu’il trouve sa blonde lente….et qu’il s’emmerde un peu…
C’était cà le ‘’you’re so inspiring’’!! On l’a réveillé……c’est un travail d’équipe!!!!!
Il l’a compris
et dans les derniers 55km, lui et sa blonde nous ont pris 12 grosses minutes…
Peu importe, on a un bon coussin au
général. Devant défile le plus long downhill de
notre vie :
50km de descente non-stop sur un sinueux chemin forestier ,
les Rocheuses
défilent sur la gauche alors que l’on
descend dans une interminable et gigantesque vallée
vers Whiteswan
Lake, relançant à l’occasion de quelques
coups de pédales afin de garder
notre vitesse et profiter de ce moment unique dans notre
vie de Bikers…..Ce soir on ne
sera pas sur le podium …Mais la joie de me retrouver là avec
Christiane descendant
à pleine allure dans
ce paysage de rêve….quatre journées de grands efforts donnés pour
se dépasser à deux….J’éclate en
sanglots de bonheur, je m’en peux pu…L’émotion
est insoutenable….Chu trop
heureux…..Pis j’aime ma blonde….

Aujourd’hui on a perdu l’équipe qui nous
disputait la troisième place, les Dnet. La fille
a trop poussé son partner
dans les descentes et il s’est cassé la clavicule.

Ci-haut :Louis Babineau et Francis Bernier
qui ont tous deux terminé malgré des côtes
fracturés pour le premier et une
clavicule craquée pour le deuxième….vont-ils écrire leur
aventure?? puis
Yvan Bujold et Martin Roy qui ont su profiter au max de leur TR en
prenant de superbes photos…quels
sourires!!!!!
Étape 5 :
Whiteswan Lake /Elkford
88km,2147m de dénivelé. 2ème place (par 3 sec.)
Ouf………………
On n’a jamais vu le lac!!! Peu importe on
a eu droit à un champs de vache de rêve…..
la pleine lune en bonus! Les Just kuzz nous ont quittés ..La fille
(qui avait impressioné
ma blonde…)ne l’a pas pris de glisser deuxième….Nous voilàs donc à défendre nous-mêmes
cette deuxième place. Comme tous les
matins, puisqu’on est des trois premiers de notre
catégorie au classement, on a le
privilège de partir à l’avant du peloton…Mais c’est rapide
et je
dois constamment pousser Christiane afin
de demeurer dans celui-ci ..Elle tient le
coup pour un moment mais bientôt elle craque…et me
chuchote : I’m
falling apart….…
Elle n’en
peut plus ,
elle est fatiguée…..Pas de panique ….on ralentit…..à partir de
maintenant on
pédale comme çà vient...aucun effort , ou stress
supplémentaire.
Christiane ne se laisse jamais effondrée
bien longtemps, elle s’en remet assez rapidement
et bientôt le tempo revient à la normale.
Aujourd’hui, les descentes sont plus rocailleuses,
et il y a plusieurs montées ou je
dois pousser les deux vélos. Je l’aide
le plus que je le peux
et franchement elle l’accepte sans
orgueil…on commence à devenir plutôt symbiotique...
on est vraiment toute une équipe. On
rattrape finalement les KB Racing au dernier ravito
juste avant un très long hike and bike qui
nous permettra de prendre une bonne avance.
À cet endroit nous recroisons J-R
Bouchard et Nathalie Pronovost de Blainville
qui court chez les Open et qui font
une excellente course. JR a le dos en compote et peine
à monter son vélo sur ses épaules.
Nous les passons donc, et on se souhaite mutuellement
bonne chance. Une heure plus tard je
m’arrête pour resserrer mes lacets , mais juste
le temps de finir que les KB sont là
à quelques mètres!!! Je reprends mon vélo, rattrape
Christiane en
quelques minutes . Nous avons moins d’une minute
d’avance sur eux mais
on décide tout de même de ne pas
pousser et de garder le même tempo….on veut avoir
un bon souvenir de notre Transrockies. On cherche constamment le point d’équilibre
entre avoir du plaisir et avoir envie
de gagner….on veut les deux….c’est passionnant
d’harmoniser ces deux tendances
ensembles à nous deux au jour le jour...Les descentes
sont très
rocailleuses aujourd’hui , la vue moins panoramique,
c’est plus ‘’Laurentien’’
comme forêt.

Alors que nous entamons les derniers
mètres de la dernière descente, les KB Racing
nous dépassent et disparaissent dans
les courbes du sinueux chemin forestier au bas de
la pente. Sans perdre de temps nous
les pourchassons et bientôt, alors que nous notons
que Cindy semble en arracher, nous
attaquons et disparaissons à notre tour de leur vue…
..ce n’est pas bien long qu’ils nous rattrapent et Kirk de
s’exclamer : Check your mooooves!!!
Sur ce, ils
nous dépassent et s’installent là, juste devant nous, «exactement» là où on
veut
qu’ils soient! Nous resterons là
jusqu’à la vue de la ligne d’arrivée, pas question de bouger
de là avant. Puis, à 200m de
l’arrivée, Christiane se lève sur ses pédales et enroule sa
grosse « plate» dans un fulgurant et
surprenant sprint qui laissera les KB sidérés sur place!
Tout se passe en un éclair .En voyant Christiane
passer, Kirk décolle lui aussi, regarde
derrière où est Cindy et celle-ci de
crier : Go Kirk, Go!! Bon ..ou elle n’a rien
compris
ou elle pense me battre au
sprint……c’est le dernier membre de l’équipe qui passe la
ligne qui signe le temps final…..je
me lève à mon tour sur mes pédales et lui prends
3 secondes
dans les derniers 50m…..Christiane est très fière de sa fin de course mais
Cindy se
met à bouder et à argumenter sur notre
stratégie, que c’est pas correct, que
ceci, que cela et bla
bla bla…….et elle court sur
route senior 1!!!!!!!! Nous arrivons
donc bon deuxième de la journée avec
en bonus la fin de course la plus excitante de
ma vie de cycliste.
Étape 6 Elkford/Crowsnest Pass.
Ce sera la deuxième plus difficile journée
de la semaine aujourd’hui. On décide de ne rien
tenter d’autre que de«passer au
travers» du mieux qu’on peut en gardant le plus d’énergie
possible pour la dernière journée.
C’est le cœur du Transrockies : de longues
montées et
descentes interminables
à 7-8% en chemins forestiers entourés des majestueuses montagnes
dénudées. Le soleil est au rendez-vous
avec un maximum de 34 degrés à mi-journée.
Nous entamons une spectaculaire descente
à flanc de montagne sur gros cailloux dans
un coin quasi désertique( çà ressemble vraiment au paysage de Road Runner et le coyote
dans Bugs Bunny…) quand les KB nous passe à tombeau ouvert
s’écriant : It’s all ridable!!.
.se moquant de
notre vitesse plutôt conservatrice…..mais ils verront qu’un accident est vite
arrivé….toujours est-il que les
cailloux sont de plus en plus gros et certaines descentes
ressemblent
d’avantage à des lits de rivières….à 45 degrés de pente! Christiane descend
à pied, mais j’en suis incapable,
j’ai le dos barré….je descends donc sur le vélo mais arrête
tous les minutes pour reposer mon
maudit poignet engourdi…..et voilà Nathalie Pronovost
et J.R.Bouchard qui descendent dans
les roches avec la facilité la plus naturelle….
Chacun son
talent!!

À la fin du trajet se dressent plusieurs
murs consécutifs qui nous obligent à pousser nos
vélos à pied…j’ai pu de jambes …j’ai
tout donné ce qui me restait d’énergie pour épater
ma blonde en poussant les deux vélos
dans un pitch quasiment vertical …..je suis l’ombre
de moi-même (cliché?)…..en plein
soleil…ouf…….On cherche l’ombre sous les arbres
quand c’est possible…..puis vient la
descente finale vers Crowsnest Pass :
Çà fait du bien
de descendre , croyez-moi….je tire ma blonde dans un vent très
costaud pour les derniers
kilomètres et enfin la ligne
d’arrivée….je suis complètement sur le cul…..et Christiane qui
me dit : c’était pas si dur
aujourd’hui……je me sens bien…….blablabla…cette fois c’est elle
qui prend soin de moi…..un bon
hamburger pour son homme! On s’accote dans le gazon
l’un sur l’autre et on jase avec les
autres équipes qui viennent d’arriver…À chaque fin de
course, ce sont à peu près les mêmes
coureurs et on commence à communiquer plus
facilement. Ce sera une troisième
place pour nous aujourd’hui. Les KB ont travaillé fort et
nous ont pris 10 autres grosses
minutes. Ils ne sont maintenant qu’à huit minutes au général.
Demain, ils
peuvent théoriquement nous voler notre deuxième place.
Etape 7 : Crowsnest
Pass/ Fernie

C’est étonnant comme tout a passé si
vite…..c’est déjà la dernière journée. Mais notre
carcasse le sait, elle! Le début de
la course est plutôt dangereux. Les premiers kilomètres
de grand chemin ne permettent pas au
peloton de s’étendre assez et les vélos sont trop près
les uns des autres dans les premières
descentes. J’évite une empilade de justesse…et repars
à la poursuite de ma Christiane qui,
elle, était devant…..juste devant un gars qui avait perdu
le contrôle et qui a fait au moins 5
ou 6 «S» désespérés avant de reprendre sa ligne à quelques
pouces de la roue arrière de ma
blonde!! C’est du single track et Christiane est dans
son
élément….on dépasse sans arrêt les
autres cyclistes qui déposent trop
souvent le pied à terre…
…Les prochains
transporter les vélos sur notre dos et où je les pousse les deux à
la fois en autant que c’est
possible. Nous voilà encore sur les
talons des KB et bientôt, on roule en peloton dans les
chemins forestiers. Vient alors notre
tour de tirer quand nos guidons s’entrecroisent et vlan!!
Me voilà
étendu dans la garnotte!!! Je crie à Christiane de
continuer et la rattrape un peu
plus loin recouvert de poussière avec
quelques écorchures saignantes en bonus. Les KB
en ont profité pour s’échapper en
avant…….nous augmentons la cadence et descendons
allègrement …

Christiane est en feu, mais à quelques
kilos les KB ont crevé dans une descente. Nous les
passons, les saluons(!!!) et ils disparaissent une fois pour toutes
derrières nous…enfin
nous l’espérons.
Mais leur histoire ne s’arrête pas
là. Plus loin alors qu’ils roulaient à fond
sur l’asphalte pour
nous rattraper, La roue avant de Kirk s’est prise dans le
«quick release» arr. de Cindy…….Kirk a culbulté
avec son vélo à plus de 40km/h et Cindy
s’est étendu sur l’asphalte. La roue
av. de Kirk était complètement démolie…Il a fini
la course grâce à un bon samaritain
qui passait par là et qui lui a laissé sa roue avant……
bien
chanceux notre Kirk!!
Encore de longues montées, puis après une
descente de 15km, la dernière montée
et enfin la descente finale : Un
single track tout en courbes long de
c’est le grand moment, personne à
l’arrière à perte de vue, il ne reste
qu’à se laisser
descendre jusqu’au fil d’arrivée.
J’arrête ma blonde, je veux souligner ce moment unique,
embrassons-nous
là, ici, juste avant la fin..Savourons les derniers
kilos de notre Transrockies,
ce rêve commun
que nous avons réalisé, qui nous a unis
encore plus..…me trouvez-vous
romantique??.....pas ma blonde …..pas question d’arrêter…..elle est complètement crinquée…
Après un
retentissant et inoubliable ; non!!!.......elle dévale le single track sans perdre
une fraction de seconde…..la
récompense sera pour la ligne d’arrivée…….après tout c’est
bien elle le Teamleader!!

Main dans la
main : Le Duo Gazelle!!!!!!!!!!
À la ligne nous recevons une médaille de «Finisher» du TR que je donnerai à mon
ami, patron et compagnon de travail
Stéphane Lacourse, celui à qui j’ai pensé le plus
souvent en traversant cette grande
aventure. (Après ma belle blonde bien sûr…). J’arrêtais
pas de me dire qu’il
fallait absolument qu’il fasse çà un jour…c’est fait sur mesure pour lui.
Dans la ville de Fernie, nous ne
rencontrons pas beaucoup d’autres concurrents que
nous
connaissons et prenons rapidement le chemin de l’hôtel..et
oui de l’HÔTEL!!!!
Le
banquet final est gastronomique, on
s’assoit à table avec notre p’tite gang de québécois.
C’est
sympathique, on se raconte toutes sortes d’anecdotes ,
on ramasse notre dernière
médaille, un
trophée pour notre 2ème place et même une bourse de $175.00!!!!..
Franchement,
j’ai jamais connu un succès que j’ai autant apprécié…..ce fut vraiment une
expérience extraordinaire…j’en suis
encore tout étourdi. Fallait le faire, à
peine se connaître
et se lancer dans une telle aventure
….comme m’a dit Christiane en octobre 2007 :
«Il faut
prendre le train quand il passe »…on l’a pris!
J’ai eu et réalisé bien des désirs
et rêves pour moi-même jusqu’ici dans ma vie …
Mais partager
et réaliser une aventure aussi intense avec la femme que j’aime a été
une révélation pour moi. Y a vraiment
rien de ce que j’ai fait auparavant qui arrive avec çà!
Çà été
valorisant pour l’ego sans aucun doute
de faire des podiums à tous les jours….
Mais un
bonheur intense a envahit mon cœur, le bonheur
d’être deux à chaque instant,
avant, pendant et après la course,
sous la pression, harmonisant nos efforts, partageant
les moments de joie et aussi les moments difficiles. Être deux…çà vaut
plus que tout.
Le Transrockies
c’est ma cerise sur le Sunday d’un long cheminement et aussi l’addition
de plusieurs réalisations de ma vie.
Il y avait dans cette aventure, l’endurance acquise
en livrant des journaux à vélo 7
jours par semaine à 5 h le matin de 12 à 14 ans….Mes années
de plein air et nombreuses
expéditions de canot en équipe à
l’adolescence, toutes ces années
à travailler dans le domaine du
vélo…les années d’entraînement intensif et de compétition
et bien sûr toutes les rencontres de
ma vie qui m’ont préparé et forgé à
devenir capable
de former une vrai équipe avec celle
que j’aime.
Marc
Payment, équipier, Duo Gazelle
Remerciements :
J’ai hérité et reçu de mes parents,
Claude et Monique, leur force de travail
et leur
grande patience à réaliser leur
projet. J’ai hérité de la force de mon père et de l’envie
de bouger de ma mère…Bien que ce soit
mon ami Normand Théorêt qui m’aillent initié
à la
compétition, Au 24 heures de Boisbriand en 1975,
c’est bien sûr chez Bob Cyclo que j’ai
côtoyé le domaine du cyclisme et les gens qui m’ont influencé. Bob et Stéphane
Lacourse, Dany Quirion,
Robert Trépanier, Alfred Fortier mon inspiration
spirituelle,
Jean Legros
toujours là pour me forcer à m’améliorer et
Réjean Rochette toujours prêt
à s’entraîner avec le sourire.
Plusieurs autres ont étés là et partagé notre passion
commune : les frères Eric et
Alain Major, vraiment hors du commun, les gars d’Iris :
Simon
Arsenault, Pascal Auger, Patrick Guénette le
virtuose, les Jumeaux Boucher
et Edouard Forest , tous des gars
vaillants que j’ai eu la chance de
«coacher» et qui m’ont
inspiré en se donnant eux-mêmes dans
l’effort. j’ai oublié le plus important , mon ami
d’enfance Jean- Pierre Falardeau, compagnon de mes premières escapades en vélos
avec
qui j’ai appris à devenir fort physiquement
et mentalement