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Que
faire lorsque Ursule Plantigrade devient trop sympathique??? où
l’art de revenir d’une randonnée sans se faire bouffer.
En feuilletant la revue
publiée par la CSST et l’IRSST, je suis tombé sur un article super
intéressant.
Lorsque l’on parle de
sécurité en vélo de montagne, on fait, surtout, référence au
casque de vélo et de notre niveau d’habileté. Mais il y a plus.
Témoin de ces faits
Je vous raconte deux faits d’apparence
anodine : le premier : je suis bénévole au championnat
du monde de vélo de montagne de Bromont, il y a deux ans. Tout
près de mon lieu de surveillance, lors de la première vague, des
compétitrices roulaient assez vites quand, soudainement, elles
ont été attaquées par des guêpes assez féroces. Une des athlètes
a été piquée et subit un choc anaphylactique. Elle était allergique
aux piqûres de guêpe. Nous sommes à près de 15 minutes de la ligne
de départ et pas d’ÉPIPEN.. Elle ne l’avait pas sur elle… Une
chance que nous avons réagi rapidement…
Examen de conscience
: Y-a-t-il dans le groupe des personnes qui pourraient
avoir ce problème et si oui, avez-vous informé le chef ou les
responsables de la randonne? Il y va de votre sécurité et de
celle du groupe.
Le second, c’est qu’un
soir, (j’étais encore sur la route) et je croise Mario Paradis
près de Shawbridge. On se salue, on roule ensemble un petit bout
et la conversation tourne autour de sa rencontre soudaine avec
un ours noir, dans les sentiers du B-52 (à Prévost). Moi aussi,
j’en ai croisé un qui a passé comme une balle devant ma bicyclette
dans un sentier du Parc de la Gatineau… Inutile de vous dire que
j’ai réalisé toute une descente…
Dans les faits, la plupart
d’entre nous ne se posent même pas la question.. et pourtant…ça
peut arriver!!! Oui, oui, une rencontre avec Ursule Plantigrade…
Deux êtres dans le même ring.
Dans le coin gauche :
ours noir (Ursus americanus). Poids moyen d’un mâle adulte au
Québec : 87kg; longueur 150 cm; hauteur au garrot entre 100
et 200 cm. Dans le coin gauche :
un PDN (Homo sapiens). Poids moyen
d’environ 75 kg; hauteur moyenne à l’occiput 173 cm. Les faits
sont là. Lorsque les deux se rencontrent dans le même sentier,
l’avantage va souvent au plus lourd. Le salut dans la fuite?
Guère utile, selon l’article de Marc Tison. Malgré son allure
pataude, la bête peut atteindre 50km/h, (100 pieds en 3 secondes).
Par comparaison, les meilleurs sprinters poussent des pointes
à 42 km/h pendant 60 mètres.
Morale : rien ne
sert donc de courir, il faut – doucement- partir à point.
Mort d’une jeune athlète.
À l’automne 2002, il y
a eu quelques rencontres entre les ours noirs et humains qui ont
fait la manchette. Souvenez-vous de cette jeune biathlonienne
qui a été tuée par un ours noir alors qu’elle joggait dans un
sentier du Centre d’entraînement Myriam-Bédard, sur la base militaire
à Val Cartier, tout près de Québec. Heureusement, les mortalités
sont relativement rares.
Retenons, toutefois, qu’il
existe d’autres espèces responsables de beaucoup plus de dommages.
Par exemple, comme je vous l’écrivais plus haut, la guêpe est
au premier rang avec les chocs anaphylactiques, la réaction respiratoire
et les dermatites qu’elle engendre.
Le face à face : en augmentation?
On compte environ 60,000
ours noirs au Québec…donc, les risques de rencontres fortuites
et d’accidents ne peuvent que se multiplier. On retrouve beaucoup
plus d’amants de la nature dans les bois (randonneurs, cyclistes,
chasseurs, travailleurs forestiers, etc.). Selon Édith Cadieux
qui a fait des études sur les ours noirs importuns, l’ours devient
de plus en plus audacieux. Savez vous qu’il passe 20 heures sur
24 à se nourrir? L’ours est toujours en quête de sources de nourriture.
Alors, il agrandit son territoire et se déplace sans cesse.
S’il ne trouve pas ce qu’il lui faut en forêt, il en sort. Et
s’il trouve une source de nourriture près d’une maison, d’un chalet,
il y restera.
Mieux vaut prévenir :
Si possible, roulez
en groupe. Sinon, portez un objet qui tinte au rythme
de vos mouvements pour avertir les ours de votre présence.
(exemple : une petite clochette, des grelots…)
Indiquez toujours à une
autre personne l’endroit où vous roulez et l’heure approximative
de votre retour.
Prévoir un répulsif dans votre
sac à dos genre Camelback.
Ayez sur vous un appareil
de communication.
Et si malgré tout…
Même s’il est très rare
d’être en face d’un ours, de le voir, cela ne veut pas dire qu’Ursule
Plantigrade ne vous observe pas. On dit que pour chaque chevreuil
qu’on voit, il y en a 500 qui vous ont vu…cela peut s’appliquer
à l’ours. Que faire alors?
Voici ce que j’ai trouvé pour vous :
L’ours noir : mode d’emploi
et l’étiquette :
Tip 1 : Si un ours
à bonne distance est actif et garde la tête baissée, c’est
qu’il n’a pas encore détecté votre présence. Gardez votre calme
et éloignez-vous, silencieusement. Rebroussez chemin.
Tip 2 : Si l’ours noir
a la tête levée, il a sûrement entendu un bruit ou senti
votre présence. Arrêtez-vous. Débarquez de votre vélo que vous
placerez devant vous afin paraître le plus large possible (afin
de constituer une mini barrière de protection entre vous et l’ours.
Ça vaut ce que cela vaut).
Tip 3 : Faites lui connaître
votre présence en parlant d’une voix normale et en agitant doucement
les bras pour qu’il vous identifie comme un humain.
Tip 4 : Ne regardez
jamais directement l’ours dans ses yeux, ce qu’il tiendrait
pour une menace. Gardez le contact visuel juste au dessus de
sa tête. Ne tournez jamais le dos à un ours et surtout, ne courez
pas puisque cela pourrait l’inciter à vous poursuivre et à vous
prendre pour une proie.
Tip 5 : Si l’ours s’intéresse
à vous et se rapproche, éloignez-vous en parlant doucement.
Pour le distraire, jetez devant lui des objets qui ne pourraient
pas vous servir à vous défendre.
Tip 6 : Si l’ours se lève,
cela ne veut pas dire qu’il vous chargera. Il tente de mieux vous
identifier ou de vous sentir. Malgré tout, ne montrez aucune crainte
(Facile à écrire mais difficile à vivre, n’est-ce pas?).
Tip 7 Si l’ours vous prend en chasse,
(ie, s’il se baisse et qu’il a les oreilles vers l’arrière…)
il se montrera menaçant et émettra des grognements. Faites-lui
face. Parfois, il chargera pour vous « bluffer» et s’arrêtera
à quelques pas de vous…(Ouffffffff……ça sent les traces de «breaks»).
Tip 8 : Attitude corporelle à éviter :
les animaux fonctionnent selon le mode de la domination. Avoir
le dos ployé est un signe de soumission. Il a déjà été dit de
faire le mort…Que dieu non…puisque cela facilitera la tâche de
l’ours prédateur qui attaque pour se nourrir. .
Tip 9 :Si l’enjeu devient sérieux,
la dernière carte à jouer est la dominance. Il faut,
selon Hélène Jolicoeur, qui a écrit une maîtrise sur Comment éviter
les problèmes avec les ours noirs?, le fixer dans les yeux et
ne jamais détourner le regard. Dressez vous alors de toute votre
taille. Criez, gesticulez.
Tip 10 : S’il continue de vous
attaquer, défendez vous avec ce qui vous tombe sous la main :
roches, bâtons, branches, pompe à air, vos poings, même votre
vélo.
Tip 11 : La meilleure protection
est d’avoir dans votre sac à dos ( Camelback…) un répulsif à ours
et un couteau. Quand on s’est manifesté et que l’ours ne veut
pas faire demi-tour, c’est LA solution de rechange. Une marque
connu : Le Bearshield, qui contient 0,75% de capsaïcine
(en d’autres mots, l’utilisation du poivre de Cayenne comme répulsif).
Mais attention, la nature est imprévisible…le problème du vent
de face qui peut retourner une partie de l’assaisonnement à l’arroseur.
Autre marque disponible chez un marchand de
chasse et pêche : le Counter Assault. Ce produit
a un jet jusqu’à 20 pieds (+ ou -). Il coûte environ 42$ + taxes.
Tip 12 : Comme on l’a déjà écrit,
c’est une bonne idée de faire du bruit soit en sifflant, en chantant,
en parlant. Ces petits bruits alerteront les ours du coin et cela
vous évitera de les rencontrer car si on s’invite chez lui sans
prévenir, parfois il s’en vexera… Mieux vaut d’abord faire les
présentations et rester poli.
Le bon côté de cette histoire : Savez-vous
que les probabilités qu’une rencontre avec un ours tourne mal
sont plus faibles que les risque d’être heurté par une voiture
ou frappé par la foudre? C’est toujours cela d’acquis.
C’est ce que je vous souhaite de ne jamais
vivre.
Pour en savoir plus :
Revue prévention au travail, Printemps 2003
– vol 16, n°2, article adapté de Marc Tison.
Connaître l’ours noir, brochure, 8 pages.
Vivre en sécurité avec l’ours noir, une question
de responsabilité, brochure , 6 pages
L’ours noir et vous ! ou Comment éviter les
problèmes avec les ours noirs, Hélène Jolicoeur.
Tous ces documents sont publiés par la Société
de la faune et des parcs du Québec (1-800-561-1616).
Site Web : www.fapaq.gouv.qc.ca
juin 2003
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